Actualités, nouvelles et manifestations culturelles Dowzr

Les grandes tendances des arts de la table au fil de l’histoire

2 5 004

Certes, les maîtres de cérémonie des grandes dynasties de l’Ancien Régime ou les-plus récents-services du protocole de nos démocraties modernes disposent d’un large choix parmi les merveilles des arts de la table pour peaufiner l’organisation d’un dîner d’apparat.

Qu’il s’agisse de nappes brodées, chandeliers, plats d’argent, couverts chiffrés, services en porcelaine, accessoires de cuisine, verres anciens et vaisselle d’époque … notre système de recherche multilingue Dowzr vous permettra non seulement de parfaire votre information mais aussi, vous aidera à dénicher l’objet de vos convoitises. Autant d’accessoires qui participent à la beauté du décor au service d’une gastronomie plus ou moins sophistiquée, sans oublier la cérémonie avec laquelle sont servis les plus grands crus accompagnant ces mets délicats.

Dowzr est également un outil de toute première efficacité facilitant, au gré de votre fantaisie ou de vos envies, la recherche des diverses manifestations ayant trait aux arts de la table compris au sens large : ventes aux enchères, expositions, démonstrations, cours, salons, conférences, journées et circuits culinaires… Tout évènement, où qu’il se tienne, est renseigné  et accessible de façon que rien  ne puisse être ignoré des amateurs et des passionnés où qu’ils se trouvent dans le monde.

Vaisselle délicatement décorée, couverts d’argent finement ciselés, verrerie de cristal au son clair, sont les grands classiques d’une « belle table » que les ordonnateurs de ces réjouissances choisissent selon la qualité de leurs hôtes et de la considération qu’ils souhaitent leur témoigner.

Aujourd’hui, hormis les réceptions exceptionnelles, toujours d’actualité dans les hautes sphères des Etats, l’art de la table s’est quelque peu démocratisé et simplifié sans pour autant sacrifier ni la qualité de la présentation ni la finesse des mets.

Si la vaisselle d’or, en vogue du temps de la chevalerie a disparu même de la table de Louis XIV, qui, pour faire face à l’effort de guerre,  l’avait remplacée par de la faïence de Moustiers, le choix est large avec les porcelaines de Saxe, de Limoges ou le cristal de Bohême pour dresser de somptueuses  tables de fête.

 

Art de la Table

 

Chaque pays, chaque civilisation,  au cours d’une longue histoire, a fait évoluer les codes et les habitudes  de ces moments festifs depuis les banquets de la Rome antique jusqu’aux dîners de gala servis à l’occasion de célébrations particulières, en passant par les repas légendaires tels le déjeuner de Dumas au déjà réputé restaurant du Grand Véfour,  ou encore les ripailles où festoyaient les chevaliers moyenâgeux.

Ainsi, même pour un dîner relativement simple mais néanmoins soigneusement élaboré, vous pourrez, à l’instar du général Lucullus, déclarer à vos hôtes : « Ce soir, Lucullus dîne chez Lucullus ».

Les arts de la table et l’art de la gastronomie sont indissociables. Ils se servent l’un l’autre et sont le reflet de l’art de vivre à la française. Qu’elles soient en verre, en porcelaine, en métal, en orfèvrerie, les pièces produites pour les arts de la table sont des témoins  émouvants et essentiels de chaque époque qu’ils ont traversée.

Céramique, verrerie et orfèvrerie sont les trois matériaux phare des arts de la table. Ces trois disciplines font travailler une multitude de talents d’artisans nécessaires à la production de pièces tant usuelles qu’exceptionnelles : couverts en argent ou métal argenté, manches en corne, en bois, en ivoire… verres en cristal ou en verre pressé-moulé, services à thé, à café, à chocolat, à dessert, à bouillabaisse… plats et plateaux, bols et écuelles, carafes et pichets, chandeliers et bougeoirs…

 

Couverts a? servir en argentCouverts à servir en argent

Assiette en porcelaine de Se?vres a? de?cor d’une sce?ne mythologiqueAssiette en porcelaine de Sèvres à décor d’une scène mythologique
Pichet a? vin en cristal en me?tal argente?Pichet à vin en cristal en métal argenté

 

La céramique est le terme générique pour désigner les objets en terre cuite parmi lesquels la faïence et la porcelaine. La faïence (de « Faenza, ville italienne célèbre pour sa production de céramique) est une porterie à base d’argile colorée dans la masse, perméable à l’eau et recouverte d’un émail stannifère (à base d’étain) opaque blanc. Il faut différencier la faïence fine dont la pâte est opaque et la couverte est une glaçure transparente et dure.

La porcelaine doit son nom à un  coquillage nacré appelé porcellana par les italiens. Là aussi il faut distinguer deux types de porcelaines. La porcelaine tendre est à base d’argile calcaire ; elle reçoit une couverte plombifère après une première cuisson. Le résultat donne une porcelaine fragile mais parfaite pour recevoir des décors polychromes d’une grande finesse. La porcelaine dure est à base de kaolin, feldspath et quartz. Délayée à l’eau, les potiers travaillent par tournage, moulage ou coulage. Les pièces reçoivent elles aussi une première couverte à mi cuisson avant d’être remise au four pour une cuisson à forte température.

Pour les techniques du décor, grand feu et petit sont possibles. Pour le grand feu, les motifs sont peints sur l’émail cru, puis la couverte et le décor sont cuits ensembles entre 850 et 1000°C. Les artisans du petit feu fixent les couleurs sur l’émail cuit, puis repasse la pièce au four. Les décors ainsi réalisés sont plus élaborés et d’une large palette de coloris.

Depuis le XVIIème siècle, en France, les porcelainiers et les faïenciers ont souvent signé leurs pièces au revers. Cela peut être les initiales de la fabrique ou son symbole, les initiales de l’artisan ou encore un nom en toutes lettres. Les céramiques produites pour un usage courant portent rarement de marque.

 

Marques des principales manufactures franc?aises de porcelaineMarques des principales manufactures françaises de porcelaine

 

Au XVIème siècle s’installent les premières manufactures. Vers 1530 à Rouen, Masséot Abaquesne ouvre sa manufacture. Il importe le style italianisant très à la mode à cette époque. En 1578, les trois frères Corrado, dits Conrade, originaires de Ligurie, s’installent à Nevers. Ils développent un  répertoire décoratif inspiré des majoliques d’Urbino. Les différentes manufactures de Nevers travailleront également le bleu à la manière de Delft. Le répertoire de scènes populaires et de thèmes révolutionnaires est une caractéristique des pièces produites à Nevers.

Vers 1680, Pierre Clérissy, descendant d’une famille de potier, fonde à Moustiers une manufacture de grand feu. Les premières pièces de forme, assiettes et plats, sont décorées en camaïeu de bleu de scènes de chasse, de scènes bibliques ou mythologiques dans un médaillon central. C’est le décor Tempesta, du nom d’un peintre et graveur italien. Puis ce seront les motifs à la Bérain avec les masques, les grotesques, les guirlandes, les arabesques et le florilège des ornemanistes au XVIIIème siècle.

 

Plat en fai?ence de Moustiers – XVIIIe?me sie?cle – Longuer : 36 cmPlat en faïence de Moustiers – XVIIIème siècle – Longueur : 36 cm

 

Au XVIIème siècle, le lambrequin apparaît dans les décors des faïences de Rouen. Il s’inspire des motifs des tentures des lits à baldaquin. Et toujours au XVIIème siècle, l’Europe s’enthousiasme pour les porcelaines venues de Chine. Colbert crée la Compagnie française des Indes orientales et ouvre ainsi la France au commerce des épices, de la soie et de la porcelaine, d’Inde mais aussi de Chine. L’aristocratie passe commande de services ornés de ses armoiries et de scènes de genre. La porcelaine chinoise a une pâte blanche à base de kaolin et reçoit de la part des artisans chinois un décor minutieux et appliqué.

 

Partie de service n porcelaine polychrome de la Compagnie des IndesPartie de service n porcelaine polychrome de la Compagnie des Indes

 

La manufacture de Strasbourg est fondée en 1709 par Charles François Hannong. Son fils Paul Antoine lui succèdera et introduira la technique du petit feu dans la production. Strasbourg est célèbre pour ses décors polychromes de fleurs fines, ses terrines en forme d’animaux de la basse-cour, ses assiettes en trompe l’œil, ses soupières naturalistes en forme de légumes…

A partir de 1765, dans le Midi aux alentours de Marseille, les manufactures célèbres sont celles de Leroy, de la Veuve Perrin (Pierrette Perrin), de Fauchier, de Joseph Clérissy (Saint jean du Désert). Paysages polychromes, poissons, coquillages, scènes pastorales, scènes portuaires ou marines ornent les assiettes, les plats et les pièces de forme.

Dans le Nord, Lille se démarque avec ses décors de lambrequins, ses scènes de genre à la manière de Delft, ses décors rocaille animés ou encore des cartes à jouer. A Sinceny, les faïenciers préfèrent les scènes champêtres et les personnages burlesques.

Dans l’Est de la France, la manufacture de Niderviller s’inspire largement de la production strasbourgeoise. Luneville commence par une production indépendante avant de s’unir à la manufacture de Saint-Clément, spécialisée dans les pièces d’apparat cuites au petit feu. Les ornemanistes de Sarreguemines s’illustrent dans les scènes historiées et les saynètes enfantines du quotidien.

A Paris en 1743, il faut citer la manufacture du Pont-aux-Choux, même si la production n’a duré qu’une quinzaine d’années. Les pièces produites sont monochromes blanc crémeux et leur décor sous couverte est en léger relief formant grains de riz, branches, fleurs, graines…

 

Manufacture de Pont-aux-Choux : saucie?re – soupie?re couverte – assietteManufacture de Pont-aux-Choux : saucière – soupière couverte – assiette

 

Peu à peu les nouvelles techniques vont permettre des types de décors différents et une production semi-industrielle. Les pièces de porcelaine commencent à être accessibles à un plus large public.

La faïence utilitaire destinée à un usage quotidien est généralement vendue par colportage. La faïencerie de Gien fondée en 1823 commence par produire de la vaisselle utilitaire à décors imprimés. La qualité des pièces produites est telle que l’aristocratie et la bourgeoisie commandent des services personnalisés. Le catalogue des décors s’épaissit : couleur sépia, reprises des modèles anciens, inspiration asiatiques et extrême-orientales grâce aux modèles ramenées par la Compagnie des Indes, styles néo-Renaissance, pompéien, turc ou égyptien grâce aux carnets (croquis, dessins, photos) des nouveaux grands voyageurs.

Le décor imprimé est inventé par les anglais au XVIIIème siècle avant d’être adopté en France au XIXème siècle comme nous venons de le voir avec la faïencerie de Gien. Ce procédé mécanique permet la production de pièces ornées en grandes séries. Tous les évènements de l’actualité vont être représentées ou caricaturés, essentiellement sur les assiettes. Ainsi on retrouve des sujets évoquant l’indépendance de la Grèce, les voyages de Napoléon III, la vie de Jeanne d’Arc, les hommes politiques de Louis XVIII à la IIIème République, les romanciers, les grandes inventions, les compétitions sportives, les monuments, les métiers, des devinettes ou encore des blagues et des rébus.

Il faut tout de même citer la barbotine. La production a été courte, environ une cinquante d’années au XIXème siècle, mais les pièces sont intéressantes et appréciées pour la vivacité des leurs couleurs et les qualités décoratives des pièces de forme : compotier en forme de marguerite rose, berceau à asperges naturalistes, assiette monochrome verte ornée de pampres, soupière aux mille fleurs…

 

Pichet cochon serveur en barbotinePichet cochon serveur en barbotine

 

Saint Cloud, Chantilly, Mennecy, Bourg-la-Reine, Sceaux, Orléans, Vincennes et Sèvres écrivent les lettres de noblesse de la porcelaine tendre sans kaolin (inventée à Rouen par Louis Poterat au XVIIème siècle). Toutes les pièces de forme y sont produites avec excellence : assiettes, tasses, sucriers, pots à lait, plats, terrines, soupières, crémiers… En 1756, la Manufacture royale de Vincennes déménage à Sèvres. Elle va dominer la porcelaine du XVIIIème siècle en évoquant les fastes de la cour, les commandes royales, le somptueux et le subtil. La quintessence du goût français.

Meissen, en Saxe, perce le secret de la porcelaine dure avec  la découverte du kaolin. En France, un gisement sera mis à jour en 1768 à Saint-Yrieix, près de Limoges. Immédiatement une manufacture est créée à Limoges. Puis d’autres à Paris avec Hannong, Nast, Jean-Baptiste Locré, Guerhard et Dihl, Honoré et Dagoty. Ces manufactures vont peindre sur leurs pièces en porcelaine des paysages, des scènes de chasse, des épisodes mythologiques…  La dorure orne les bordures et délimitent les scènes.

L’Art Nouveau a peu investi le répertoire décoratif des arts de la table. Alors que le style Art Déco a modifié radicalement les formes : géométrie, pans coupés, volumes épurés. Les décorateurs vedettes sont Jean Luce (fonds dépouillés, formes simples, couleurs douces, bordures d’or et de platine), Sandoz (bestiaire), Suzanne Lalique (fleurettes naïves) et Jean Dufy (motifs naturels).

 

Jean Luce – Tasse a? cafe? et sous tasse pour la Compagnie Ge?ne?rale Trasatlantique (CGT)Jean Luce – Tasse à café et sous tasse pour la Compagnie Générale Transatlantique (CGT)

 

Pour accompagner plats et assiettes, l’orfèvrerie produit les couverts de table, mais également les couverts de service (couverts à salade, couverts à gigot, couverts à poissons, louches, cuillères à crème…), les plats de service, les services à thé, à café… Elle constitue une parure à la table.

Aux origines, le terme orfèvrerie désigne le travail de l’or. Puis son sens s’est élargi au travail d’autres métaux, comme l’argent, le cuivre, le laiton, le maillechort, recouverts d’or ou d’argent. Le vermeil est de l’argent massif recouvert d’une couche d’or.

Le mot argenterie ne désigne lui que les pièces façonnées en argent. Il faut adjoindre à l’argent un faible pourcentage d’un autre métal, souvent le cuivre, pour rendre l’argent suffisamment solide.

Plusieurs techniques sont utilisées pour orner les pièces d’orfèvrerie et d’argenterie : la ciselure, le repoussé, la gravure, le guillochage, les godrons, le repercé, l’émaillage.

En 1838 est créé le poinçon à tête de Minerve. A partir de cette date, il est apposé sur toutes les pièces en argent dit massif.  Cette date est la frontière entre l’argenterie ancienne et l’argenterie moderne.

 

Poinc?on de Titre Argent « Te?te de Minerve » a? 925 %Poinc?on de Titre Argent « Te?te de Minerve » a? 925 %

 

Il est maintenant intéressant d’aborder la chronologie de nos couverts de table, ustensiles indispensables au quotidien. Pour commencer, la cuillère est suffisante à la prise des repas. Les plus anciennes sont en bois (Grèce antique). Au XVIIème siècle, les riches ont des cuillères en vermeil ou en argent, les pauvres en étain ou encore en bois.

Le couteau fait son apparition sur les tables au Moyen-âge. Il sert à découper les aliments et à les piquer pour les porter à la bouche.

La fourchette à deux dents est introduite à la cour d’Henri III par sa mère Catherine de Médicis. Une troisième dent sera ajoutée à partir de 1640 et une quatrième aux alentours de 1680. L’usage de la fourchette ne sera généralisé qu’à la fin du XVIIIème siècle.

 

Fourchettes argent massif

L’ensemble des couverts comme nous les connaissons aujourd’hui, fourchette-couteau-cuillère, est posé sur les tables de Louis XIV. La plupart sont en argent et portent des décors délicats et raffinés. Tout au long du XVIIIème siècle, les orfèvres vont imaginer la plupart des décors qui existent encore de nos jours. Ils se nomment Nicolas Delaunay, Claude Ballin, Claude II Ballin, Nicolas Besnier, Thomas Germain, François-Thomas Germain, Jacques Roettiers, Jacques-Nicolas Roettiers…

 

Vers 1700, le modèle coquille et le modèle violon coquille permettent d’alléger la prise entre la tige et la spatule pour les fourchettes, les cuillères, les louches, les grandes fourchettes de service… La Régence et le règne de Louis XV sont marqués par le style Rocaille aux décors chargés, asymétriques, amoureux des courbes et des volutes. Le règne de Louis XVI connait un style plus rigoureux, orné de perles, de nœuds, de feuilles d’acanthe légères, de palmettes…

Sous l’Ancien Régime, les couverts sont de modèle uni plat, une simplicité qui dominera jusqu’à la Révolution.

Après les années d’austérité, le Directoire et l’Empire donnent un nouvel essor à l’orfèvrerie. Les orfèvres de renom sont Henri Auguste, Martin Guillaume Biennais, Jean-Baptiste Claude Odiot : leurs pièces sont ornées de motifs en bas reliefs, mêlant rinceaux, aigles, cygnes, sphinx, griffes et sabots pour les couverts à servir.

 

Martin Guillaume Biennais – The?ie?re en vermeilMartin Guillaume Biennais – Théière en vermeil

 

Le style Louis Philippe marque l’avènement de la nouvelle société bourgeoise. Cette dernière est conformiste, elle préfère les références au passé pour le répertoire décoratif : modèle classique uni plat, filets, rubans, perles.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, les inspirations étrangères sont nombreuses et tout se mélange dans les décors. C’est la période baroque, rococo, japonisante, pompéienne, gothique… A noter l’apparition des couverts à poisson en cette fin de siècle.

A partir de 1844, Charles Christofle reprend en France le procédé de l’anglais Elkington : recouvrir un métal ordinaire d’une fine couche d’argent par galvanoplastie. C’est le début de la production industrielle, des coûts plus bas et un accès au plus grand nombre. Des fabrique de métal argenté s’installent avec Boulenger, Ercuis, Armand-Calliat, Poussielgue-Rusand… Les formes se diversifient, les accessoires se multiplient. Sous Louis-Philippe et pendant le Second Empire, la ménagère rassemble dans un coffret l’ensemble des pièces de table. Elle est pratique mais elle devient aussi rapidement un symbole d’opulence et de richesse pour la clase bourgeoise. Et la ménagère a longtemps été un élément primordial du trousseau de mariage !

Les compagnies transatlantiques et les compagnies de chemins de fer ont besoin d’être fournis en couverts, accessoires, plats de service et matériel de cuisine pour leurs cabines, leurs wagons, leurs restaurants embarqués, leur buffets en gare… Il en est de même pour les palaces et les grands hôtels (l’hôtel du Louvre, le Grand Hôtel, le Ritz, le Negresko, le Crillon…).

Et pour parfaire une belle table dressée de porcelaines et d’argenterie, une touche de légèreté avec la verrerie. Transparents ou opaques, délicats ou solides, colorés ou peints, pour les grandes occasions ou pour tous les jours… quel que soit le verre choisi, il est fragile et mystérieux par son matériau et étincelant par son effet.

 

Verres

Verre blanc, cristal, cristal supérieur, cristallin ou demi-cristal, le cristallo… Tout est question de chimie : un vitrifiant, un fondant et un stabilisant en plus ou moindre quantité. Le taux d’oxyde de plomb (stabilisant) détermine la dénomination et la qualité du verre. Le cristal supérieur compte 30% minimum d’oxyde de plomb, contre seulement environ 10% pour un verre ordinaire.

Le verre coloré est obtenu par adjonction d’oxydes métalliques dans la masse (cuivre pour le rouge, sélénium pour le rose, argent pour le jaune…).

Le cristal doublé est la superposition à chaud de deux couches de cristal dont l’une est colorée.

Le lattino est un verre blanc et opaque imitant la porcelaine dure.

La décoration du verre a plusieurs techniques à son arc. La taille à la meule fait apparaitre les côtes, les arêtes ou les facettes diamantées. La gravure (au jet de sable, à l’acide ou à la roue) permet des fleurs, des frises, des monogrammes, des dessins géométriques (guillochage par exemple). La couleur est apportée par la dorure, la peinture et l’émaillage.

Il est important de citer le verre de Bohême. Cette région est forestière, riche en quartz et potasse. Elle produit un verre d’une grande qualité et d’une beauté exceptionnelle qui supplante le verre vénitien. En France, les manufactures de Saint Louis et Baccarat produisent du verre façon Bohême : un verre épais et résistant permettant un travail profond des tailles et de gravures.

Jusqu’au XVIème siècle, il existe déjà de nombreux types de verre : hanaps, chopes, flûtes, verres à jambe, le gobelet… Au fil des ans, les parois s’affinent et s’allongent, les coupes sont plus profondes et gravées de fleurs ou feuillages, les pieds deviennent des disques et les jambes se facettent ou portent décor.

Jusqu’au XVIIIème siècle, les verres ne sont pas à table. Sous Louis XIV, des verres de tailles différentes sont fabriqués et utilisés selon le breuvage servi. Ces verres sont appelés « orgues du plaisir ». Le verre individuel s’invite à table à partir des années 1830. On peut nommer : verre à eau, verre à vin rouge, verre à vin du Rhin, verre à madère, verre à liqueur, flûte ou coupe…

René Lalique développe la technique du verre moulé, un produit transparent comme du cristal et d’une grande solidité. Sa Maison créera des flacons de parfum, des luminaires mais aussi des services de verre.  Egalement maîtres de cette technique, il faut nommer François Décorchemont, Albert Dammousse, Georges Despret, Jean Luce, Max Ingrand, Maurice Dufrêne, Jean Sala, Georges Chevalier…

En 1934, la Maison Daum se lance dans la production de cristal  pour répondre à la commande du paquebot Normandie, soit cent mille pièces.

 

Lalique – Coupe jungleLalique – Coupe jungle

Verre Daum pour la Compagne Ge?ne?rale TrasatlantiqueVerre Daum pour la Compagne Générale Transatlantique
Flu?tes a? champagne en cristal de Bohe?me colore?Flûtes à champagne en cristal de Bohême coloré

 

Les arts de la table, après ces fondamentaux, c’est aussi les centres de table, les surtouts, les candélabres, les paires de flambeaux, les bougeoirs, les lampes à huile, les rafraichissoirs, les bouquetière, les seaux à bouteille, les gobelets, les timbales, les saleron-poivrier, les huilier-vinaigrier, les moutardiers, les saupoudroirs, les sucriers, les confituriers, les drageoirs, les bouteilles, les aiguières, les pichets, les gourdes, les panières, les porte couteaux, les rince-doigts, les ramasse-miettes, les casse noix, les planchettes à tartiner…

Retrouvez les sur Dowzr !!! En ventes aux enchères, lors d’une exposition, au détour d’une brocante…

 

2 commentaires
  1. Antho de Rouvray dit

    Bonjour, pourriez-vous m’indiquer a quelles manufactures correspondent les armoiries n°21 et 22 de l’image que vous avez utilisé dans votre article, ou la source de l’image.
    Merci beaucoup

    1. Opale Mbuyu dit

      Bonjour, Antho de Rouvray,
      les 2 armoiries correspondent aux signatures de la Maison de Sarreguemines , manufacture française depuis 1790.
      Cependant, depuis 2007, la Faïencerie de Sarreguemines n’existe plus, les porcelaines disponibles sont celles fabriquées avant 2006.

      Bonne journée

Laissez un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.