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Les grandes tendances des arts de la table au fil de l’histoire

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Certes, les mai?tres de ce?re?monie des grandes dynasties de l’Ancien Re?gime ou les-plus re?cents-services du protocole de nos de?mocraties modernes disposent d’un large choix parmi les merveilles des arts de la table pour peaufiner l’organisation d’un di?ner d’apparat.

Qu’il s’agisse de nappes brode?es, chandeliers, plats d’argent, couverts chiffre?s, services en porcelaine, accessoires de cuisine, verres anciens et vaisselle d’e?poque … notre syste?me de recherche multilingue Dowzr vous permettra non seulement de parfaire votre information mais aussi, vous aidera a? de?nicher l’objet de vos convoitises. Autant d’accessoires qui participent a? la beaute? du de?cor au service d’une gastronomie plus ou moins sophistique?e, sans oublier la ce?re?monie avec laquelle sont servis les plus grands crus accompagnant ces mets de?licats.

Dowzr est e?galement un outil de toute premie?re efficacite? facilitant, au gre? de votre fantaisie ou de vos envies, la recherche des diverses manifestations ayant trait aux arts de la table compris au sens large : ventes aux enche?res, expositions, de?monstrations, cours, salons, confe?rences, journe?es et circuits culinaires… Tout e?ve?nement, ou? qu’il se tienne, est renseigne? et accessible de fac?on que rien ne puisse e?tre ignore? des amateurs et des passionne?s ou? qu’ils se trouvent dans le monde.

Vaisselle de?licatement de?core?e, couverts d’argent finement cisele?s, verrerie de cristal au son clair, sont les grands classiques d’une « belle table » que les ordonnateurs de ces re?jouissances choisissent selon la qualite? de leurs ho?tes et de la conside?ration qu’ils souhaitent leur te?moigner.

Aujourd’hui, hormis les re?ceptions exceptionnelles, toujours d’actualite? dans les hautes sphe?res des Etats, l’art de la table s’est quelque peu de?mocratise? et simplifie? sans pour autant sacrifier ni la qualite? de la pre?sentation ni la finesse des mets.

Si la vaisselle d’or, en vogue du temps de la chevalerie a disparu me?me de la table de Louis XIV, qui, pour faire face a? l’effort de guerre, l’avait remplace?e par de la fai?ence de Moustiers, le choix est large avec les porcelaines de Saxe, de Limoges ou le cristal de Bohe?me pour dresser de somptueuses tables de fe?te.

Art de la Table

Chaque pays, chaque civilisation, au cours d’une longue histoire, a fait e?voluer les codes et les habitudes de ces moments festifs depuis les banquets de la Rome antique jusqu’aux di?ners de gala servis a? l’occasion de ce?le?brations particulie?res, en passant par les repas le?gendaires tels le de?jeuner de Dumas au de?ja? re?pute? restaurant du Grand Ve?four, ou encore les ripailles ou? festoyaient les chevaliers moyena?geux.

Ainsi, me?me pour un di?ner relativement simple mais ne?anmoins soigneusement e?labore?, vous pourrez, a? l’instar du ge?ne?ral Lucullus, de?clarer a? vos ho?tes : « Ce soir, Lucullus di?ne chez Lucullus ».

Les arts de la table et l’art de la gastronomie sont indissociables. Ils se servent l’un l’autre et sont le reflet de l’art de vivre a? la franc?aise. Qu’elles soient en verre, en porcelaine, en me?tal, en orfe?vrerie, les pie?ces produites pour les arts de la table sont des te?moins e?mouvants et essentiels de chaque e?poque qu’ils ont traverse?e.

Ce?ramique, verrerie et orfe?vrerie sont les trois mate?riaux phare des arts de la table. Ces trois disciplines font travailler une multitude de talents d’artisans ne?cessaires a? la production de pie?ces tant usuelles qu’exceptionnelles : couverts en argent ou me?tal argente?, manches en corne, en bois, en ivoire… verres en cristal ou en verre presse?- moule?, services a? the?, a? cafe?, a? chocolat, a? dessert, a? bouillabaisse… plats et plateaux, bols et e?cuelles, carafes et pichets, chandeliers et bougeoirs…

Couverts a? servir en argentCouverts a? servir en argent

Assiette en porcelaine de Se?vres a? de?cor d’une sce?ne mythologiqueAssiette en porcelaine de Se?vres a? de?cor d’une sce?ne mythologique
Pichet a? vin en cristal en me?tal argente?Pichet a? vin en cristal en me?tal argente?

La ce?ramique est le terme ge?ne?rique pour de?signer les objets en terre cuite parmi lesquels la fai?ence et la porcelaine. La fai?ence (de « Faenza, ville italienne ce?le?bre pour sa production de ce?ramique) est une porterie a? base d’argile colore?e dans la masse, perme?able a? l’eau et recouverte d’un e?mail stannife?re (a? base d’e?tain) opaque blanc. Il faut diffe?rencier la fai?ence fine dont la pa?te est opaque et la couverte est une glac?ure transparente et dure.La porcelaine doit son nom a? un coquillage nacre? appele? porcellana par les italiens. La? aussi il faut distinguer deux types de porcelaines. La porcelaine tendre est a? base d’argile calcaire ; elle rec?oit une couverte plombife?re apre?s une premie?re cuisson. Le re?sultat donne une porcelaine fragile mais parfaite pour recevoir des de?cors polychromes d’une grande finesse. La porcelaine dure est a? base de kaolin, feldspath et quartz. De?laye?e a? l’eau, les potiers travaillent par tournage, moulage ou coulage. Les pie?ces rec?oivent elles aussi une premie?re couverte a? mi cuisson avant d’e?tre remise au four pour une cuisson a? forte tempe?rature.

Pour les techniques du de?cor, grand feu et petit sont possibles. Pour le grand feu, les motifs sont peints sur l’e?mail cru, puis la couverte et le de?cor sont cuits ensembles entre 850 et 1000°C. Les artisans du petit feu fixent les couleurs sur l’e?mail cuit, puis repasse la pie?ce au four. Les de?cors ainsi re?alise?s sont plus e?labore?s et d’une large palette de coloris.

Depuis le XVIIe?me sie?cle, en France, les porcelainiers et les fai?enciers ont souvent signe? leurs pie?ces au revers. Cela peut e?tre les initiales de la fabrique ou son symbole, les initiales de l’artisan ou encore un nom en toutes lettres. Les ce?ramiques produites pour un usage courant portent rarement de marque.

Marques des principales manufactures franc?aises de porcelaineMarques des principales manufactures franc?aises de porcelaine

Au XVIe?me sie?cle s’installent les premie?res manufactures. Vers 1530 a? Rouen, Masse?ot Abaquesne ouvre sa manufacture. Il importe le style italianisant tre?s a? la mode a? cette e?poque. En 1578, les trois fre?res Corrado, dits Conrade, originaires de Ligurie, s’installent a? Nevers. Ils de?veloppent un re?pertoire de?coratif inspire? des majoliques d’Urbino. Les diffe?rentes manufactures de Nevers travailleront e?galement le bleu a? la manie?re de Delft. Le re?pertoire de sce?nes populaires et de the?mes re?volutionnaires est une caracte?ristique des pie?ces produites a? Nevers.

Vers 1680, Pierre Cle?rissy, descendant d’une famille de potier, fonde a? Moustiers une manufacture de grand feu. Les premie?res pie?ces de forme, assiettes et plats, sont de?core?es en camai?eu de bleu de sce?nes de chasse, de sce?nes bibliques ou mythologiques dans un me?daillon central. C’est le de?cor Tempesta, du nom d’un peintre et graveur italien. Puis ce seront les motifs a? la Be?rain avec les masques, les grotesques, les guirlandes, les arabesques et le florile?ge des ornemanistes au XVIIIe?me sie?cle.

Plat en fai?ence de Moustiers – XVIIIe?me sie?cle – Longuer : 36 cmPlat en fai?ence de Moustiers – XVIIIe?me sie?cle – Longuer : 36 cm

 

Au XVIIe?me sie?cle, le lambrequin apparai?t dans les de?cors des fai?ences de Rouen. Il s’inspire des motifs des tentures des lits a? baldaquin. Et toujours au XVIIe?me sie?cle, l’Europe s’enthousiasme pour les porcelaines venues de Chine. Colbert cre?e la Compagnie franc?aise des Indes orientales et ouvre ainsi la France au commerce des e?pices, de la soie et de la porcelaine, d’Inde mais aussi de Chine. L’aristocratie passe commande de services orne?s de ses armoiries et de sce?nes de genre. La porcelaine chinoise a une pa?te blanche a? base de kaolin et rec?oit de la part des artisans chinois un de?cor minutieux et applique?.

Partie de service n porcelaine polychrome de la Compagnie des IndesPartie de service n porcelaine polychrome de la Compagnie des Indes

 

La manufacture de Strasbourg est fonde?e en 1709 par Charles Franc?ois Hannong. Son fils Paul Antoine lui succe?dera et introduira la technique du petit feu dans la production. Strasbourg est ce?le?bre pour ses de?cors polychromes de fleurs fines, ses terrines en forme d’animaux de la basse-cour, ses assiettes en trompe l’œil, ses soupie?res naturalistes en forme de le?gumes…

A partir de 1765, dans le Midi aux alentours de Marseille, les manufactures ce?le?bres sont celles de Leroy, de la Veuve Perrin (Pierrette Perrin), de Fauchier, de Joseph Cle?rissy (Saint jean du De?sert). Paysages polychromes, poissons, coquillages, sce?nes pastorales, sce?nes portuaires ou marines ornent les assiettes, les plats et les pie?ces de forme. Dans le Nord, Lille se de?marque avec ses de?cors de lambrequins, ses sce?nes de genre a? la manie?re de Delft, ses de?cors rocaille anime?s ou encore des cartes a? jouer. A Sinceny, les fai?enciers pre?fe?rent les sce?nes champe?tres et les personnages burlesques.

Dans l’Est de la France, la manufacture de Niderviller s’inspire largement de la production strasbourgeoise. Luneville commence par une production inde?pendante avant de s’unir a? la manufacture de Saint-Cle?ment, spe?cialise?e dans les pie?ces d’apparat cuites au petit feu. Les ornemanistes de Sarreguemines s’illustrent dans les sce?nes historie?es et les sayne?tes enfantines du quotidien.

A Paris en 1743, il faut citer la manufacture du Pont-aux-Choux, me?me si la production n’a dure? qu’une quinzaine d’anne?es. Les pie?ces produites sont monochromes blanc cre?meux et leur de?cor sous couverte est en le?ger relief formant grains de riz, branches, fleurs, graines…

Manufacture de Pont-aux-Choux : saucie?re – soupie?re couverte – assietteManufacture de Pont-aux-Choux : saucie?re – soupie?re couverte – assiette

 

Peu a? peu les nouvelles techniques vont permettre des types de de?cors diffe?rents et une production semi- industrielle. Les pie?ces de porcelaine commencent a? e?tre accessibles a? un plus large public.

La fai?ence utilitaire destine?e a? un usage quotidien est ge?ne?ralement vendue par colportage. La fai?encerie de Gien fonde?e en 1823 commence par produire de la vaisselle utilitaire a? de?cors imprime?s. La qualite? des pie?ces produites est telle que l’aristocratie et la bourgeoisie commandent des services personnalise?s. Le catalogue des de?cors s’e?paissit : couleur se?pia, reprises des mode?les anciens, inspiration asiatiques et extre?me-orientales gra?ce aux mode?les ramene?es par la Compagnie des Indes, styles ne?o-Renaissance, pompe?ien, turc ou e?gyptien gra?ce aux carnets (croquis, dessins, photos) des nouveaux grands voyageurs.

Le de?cor imprime? est invente? par les anglais au XVIIIe?me sie?cle avant d’e?tre adopte? en France au XIXe?me sie?cle comme nous venons de le voir avec la fai?encerie de Gien. Ce proce?de? me?canique permet la production de pie?ces orne?es en grandes se?ries. Tous les e?ve?nements de l’actualite? vont e?tre repre?sente?es ou caricature?s, essentiellement sur les assiettes. Ainsi on retrouve des sujets e?voquant l’inde?pendance de la Gre?ce, les voyages de Napole?on III, la vie de Jeanne d’Arc, les hommes politiques de Louis XVIII a? la IIIe?me Re?publique, les romanciers, les grandes inventions, les compe?titions sportives, les monuments, les me?tiers, des devinettes ou encore des blagues et des re?bus.

Il faut tout de me?me citer la barbotine. La production a e?te? courte, environ une cinquante d’anne?es au XIXe?me sie?cle, mais les pie?ces sont inte?ressantes et appre?cie?es pour la vivacite? des leurs couleurs et les qualite?s de?coratives des pie?ces de forme : compotier en forme de marguerite rose, berceau a? asperges naturalistes, assiette monochrome verte orne?e de pampres, soupie?re aux mille fleurs…

Pichet cochon serveur en barbotinePichet cochon serveur en barbotine

 

Saint Cloud, Chantilly, Mennecy, Bourg-la-Reine, Sceaux, Orle?ans, Vincennes et Se?vres e?crivent les lettres de noblesse de la porcelaine tendre sans kaolin (invente?e a? Rouen par Louis Poterat au XVIIe?me sie?cle). Toutes les pie?ces de forme y sont produites avec excellence : assiettes, tasses, sucriers, pots a? lait, plats, terrines, soupie?res, cre?miers… En 1756, la Manufacture royale de Vincennes de?me?nage a? Se?vres. Elle va dominer la porcelaine du XVIIIe?me sie?cle en e?voquant les fastes de la cour, les commandes royales, le somptueux et le subtil. La quintessence du gou?t franc?ais.

Meissen, en Saxe, perce le secret de la porcelaine dure avec la de?couverte du kaolin. En France, un gisement sera mis a? jour en 1768 a? Saint-Yrieix, pre?s de Limoges. Imme?diatement une manufacture est cre?e?e a? Limoges. Puis d’autres a? Paris avec Hannong, Nast, Jean-Baptiste Locre?, Guerhard et Dihl, Honore? et Dagoty. Ces manufactures vont peindre sur leurs pie?ces en porcelaine des paysages, des sce?nes de chasse, des e?pisodes mythologiques… La dorure orne les bordures et de?limitent les sce?nes.

L’Art Nouveau a peu investi le re?pertoire de?coratif des arts de la table. Alors que le style Art De?co a modifie? radicalement les formes : ge?ome?trie, pans coupe?s, volumes e?pure?s. Les de?corateurs vedettes sont Jean Luce (fonds de?pouille?s, formes simples, couleurs douces, bordures d’or et de platine), Sandoz (bestiaire), Suzanne Lalique (fleurettes nai?ves) et Jean Dufy (motifs naturels).

Jean Luce – Tasse a? cafe? et sous tasse pour la Compagnie Ge?ne?rale Trasatlantique (CGT)Jean Luce – Tasse a? cafe? et sous tasse pour la Compagnie Ge?ne?rale Trasatlantique (CGT)

 

Pour accompagner plats et assiettes, l’orfe?vrerie produit les couverts de table, mais e?galement les couverts de service (couverts a? salade, couverts a? gigot, couverts a? poissons, louches, cuille?res a? cre?me…), les plats de service, les services a? the?, a? cafe?… Elle constitue une parure a? la table.

Aux origines, le terme orfe?vrerie de?signe le travail de l’or. Puis son sens s’est e?largi au travail d’autres me?taux, comme l’argent, le cuivre, le laiton, le maillechort, recouverts d’or ou d’argent. Le vermeil est de l’argent massif recouvert d’une couche d’or.

Le mot argenterie ne de?signe lui que les pie?ces fac?onne?es en argent. Il faut adjoindre a? l’argent un faible pourcentage d’un autre me?tal, souvent le cuivre, pour rendre l’argent suffisamment solide.

Plusieurs techniques sont utilise?es pour orner les pie?ces d’orfe?vrerie et d’argenterie : la ciselure, le repousse?, la gravure, le guillochage, les godrons, le reperce?, l’e?maillage.

En 1838 est cre?e? le poinc?on a? te?te de Minerve. A partir de cette date, il est appose? sur toutes les pie?ces en argent dit massif. Cette date est la frontie?re entre l’argenterie ancienne et l’argenterie moderne.

Poinc?on de Titre Argent « Te?te de Minerve » a? 925 %Poinc?on de Titre Argent « Te?te de Minerve » a? 925 %

 

Il est maintenant inte?ressant d’aborder la chronologie de nos couverts de table, ustensiles indispensables au quotidien. Pour commencer, la cuille?re est suffisante a? la prise des repas. Les plus anciennes sont en bois (Gre?ce antique). Au XVIIe?me sie?cle, les riches ont des cuille?res en vermeil ou en argent, les pauvres en e?tain ou encore en bois.

Le couteau fait son apparition sur les tables au Moyen-a?ge. Il sert a? de?couper les aliments et a? les piquer pour les porter a? la bouche.
La fourchette a? deux dents est introduite a? la cour d’Henri III par sa me?re Catherine de Me?dicis. Une troisie?me dent sera ajoute?e a? partir de 1640 et une quatrie?me aux alentours de 1680. L’usage de la fourchette ne sera ge?ne?ralise? qu’a? la fin du XVIIIe?me sie?cle.

Fourchettes argent massif

L’ensemble des couverts comme nous les connaissons aujourd’hui, fourchette-couteau-cuille?re, est pose? sur les tables de Louis XIV. La plupart sont en argent et portent des de?cors de?licats et raffine?s. Tout au long du XVIIIe?me sie?cle, les orfe?vres vont imaginer la plupart des de?cors qui existent encore de nos jours. Ils se nomment Nicolas Delaunay, Claude Ballin, Claude II Ballin, Nicolas Besnier, Thomas Germain, Franc?ois-Thomas Germain, Jacques Roettiers, Jacques-Nicolas Roettiers…

Vers 1700, le mode?le coquille et le mode?le violon coquille permettent d’alle?ger la prise entre la tige et la spatule pour les fourchettes, les cuille?res, les louches, les grandes fourchettes de service… La Re?gence et le re?gne de Louis XV sont marque?s par le style Rocaille aux de?cors charge?s, asyme?triques, amoureux des courbes et des volutes. Le re?gne de Louis XVI connait un style plus rigoureux, orne? de perles, de nœuds, de feuilles d’acanthe le?ge?res, de palmettes…

Sous l’Ancien Re?gime, les couverts sont de mode?le uni plat, une simplicite? qui dominera jusqu’a? la Re?volution. Apre?s les anne?es d’auste?rite?, le Directoire et l’Empire donnent un nouvel essor a? l’orfe?vrerie. Les orfe?vres de renom sont Henri Auguste, Martin Guillaume Biennais, Jean-Baptiste Claude Odiot : leurs pie?ces sont orne?es de motifs en bas reliefs, me?lant rinceaux, aigles, cygnes, sphinx, griffes et sabots pour les couverts a? servir.

Martin Guillaume Biennais – The?ie?re en vermeilMartin Guillaume Biennais – The?ie?re en vermeil

 

Le style Louis Philippe marque l’ave?nement de la nouvelle socie?te? bourgeoise. Cette dernie?re est conformiste, elle pre?fe?re les re?fe?rences au passe? pour le re?pertoire de?coratif : mode?le classique uni plat, filets, rubans, perles.

Dans la seconde moitie? du XIXe?me sie?cle, les inspirations e?trange?res sont nombreuses et tout se me?lange dans les de?cors. C’est la pe?riode baroque, rococo, japonisante, pompe?ienne, gothique… A noter l’apparition des couverts a? poisson en cette fin de sie?cle.

A partir de 1844, Charles Christofle reprend en France le proce?de? de l’anglais Elkington : recouvrir un me?tal ordinaire d’une fine couche d’argent par galvanoplastie. C’est le de?but de la production industrielle, des cou?ts plus bas et un acce?s au plus grand nombre. Des fabrique de me?tal argente? s’installent avec Boulenger, Ercuis, Armand-Calliat, Poussielgue-Rusand… Les formes se diversifient, les accessoires se multiplient. Sous Louis-Philippe et pendant le Second Empire, la me?nage?re rassemble dans un coffret l’ensemble des pie?ces de table. Elle est pratique mais elle devient aussi rapidement un symbole d’opulence et de richesse pour la clase bourgeoise. Et la me?nage?re a longtemps e?te? un e?le?ment primordial du trousseau de mariage !

Les compagnies transatlantiques et les compagnies de chemins de fer ont besoin d’e?tre fournis en couverts, accessoires, plats de service et mate?riel de cuisine pour leurs cabines, leurs wagons, leurs restaurants embarque?s, leur buffets en gare… Il en est de me?me pour les palaces et les grands ho?tels (l’ho?tel du Louvre, le Grand Ho?tel, le Ritz, le Negresko, le Crillon…).

Et pour parfaire une belle table dresse?e de porcelaines et d’argenterie, une touche de le?ge?rete? avec la verrerie. Transparents ou opaques, de?licats ou solides, colore?s ou peints, pour les grandes occasions ou pour tous les jours… quel que soit le verre choisi, il est fragile et myste?rieux par son mate?riau et e?tincelant par son effet.

Verres

Verre blanc, cristal, cristal supe?rieur, cristallin ou demi-cristal, le cristallo… Tout est question de chimie : un vitrifiant, un fondant et un stabilisant en plus ou moindre quantite?. Le taux d’oxyde de plomb (stabilisant) de?termine la de?nomination et la qualite? du verre. Le cristal supe?rieur compte 30% minimum d’oxyde de plomb, contre seulement environ 10% pour un verre ordinaire.

Le verre colore? est obtenu par adjonction d’oxydes me?talliques dans la masse (cuivre pour le rouge, se?le?nium pour le rose, argent pour le jaune…).
Le cristal double? est la superposition a? chaud de deux couches de cristal dont l’une est colore?e.

Le lattino est un verre blanc et opaque imitant la porcelaine dure.

La de?coration du verre a plusieurs techniques a? son arc. La taille a? la meule fait apparaitre les co?tes, les are?tes ou les facettes diamante?es. La gravure (au jet de sable, a? l’acide ou a? la roue) permet des fleurs, des frises, des monogrammes, des dessins ge?ome?triques (guillochage par exemple). La couleur est apporte?e par la dorure, la peinture et l’e?maillage.

Il est important de citer le verre de Bohe?me. Cette re?gion est forestie?re, riche en quartz et potasse. Elle produit un verre d’une grande qualite? et d’une beaute? exceptionnelle qui supplante le verre ve?nitien. En France, les manufactures de Saint Louis et Baccarat produisent du verre fac?on Bohe?me : un verre e?pais et re?sistant permettant un travail profond des tailles et de gravures.

Jusqu’au XVIe?me sie?cle, il existe de?ja? de nombreux types de verre : hanaps, chopes, flu?tes, verres a? jambe, le gobelet… Au fil des ans, les parois s’affinent et s’allongent, les coupes sont plus profondes et grave?es de fleurs ou feuillages, les pieds deviennent des disques et les jambes se facettent ou portent de?cor.

Jusqu’au XVIIIe?me sie?cle, les verres ne sont pas a? table. Sous Louis XIV, des verres de tailles diffe?rentes sont fabrique?s et utilise?s selon le breuvage servi. Ces verres sont appele?s « orgues du plaisir ». Le verre individuel s’invite a? table a? partir des anne?es 1830. On peut nommer : verre a? eau, verre a? vin rouge, verre a? vin du Rhin, verre a? made?re, verre a? liqueur, flu?te ou coupe…

Rene? Lalique de?veloppe la technique du verre moule?, un produit transparent comme du cristal et d’une grande solidite?. Sa Maison cre?era des flacons de parfum, des luminaires mais aussi des services de verre. Egalement mai?tres de cette technique, il faut nommer Franc?ois De?corchemont, Albert Dammousse, Georges Despret, Jean Luce, Max Ingrand, Maurice Dufre?ne, Jean Sala, Georges Chevalier…

En 1934, la Maison Daum se lance dans la production de cristal pour re?pondre a? la commande du paquebot Normandie, soit cent mille pie?ces.

Lalique – Coupe jungleLalique – Coupe jungle
Verre Daum pour la Compagne Ge?ne?rale TrasatlantiqueVerre Daum pour la Compagne Ge?ne?rale Trasatlantique
Flu?tes a? champagne en cristal de Bohe?me colore?Flu?tes a? champagne en cristal de Bohe?me colore?

 

Les arts de la table, apre?s ces fondamentaux, c’est aussi les centres de table, les surtouts, les cande?labres, les paires de flambeaux, les bougeoirs, les lampes a? huile, les rafraichissoirs, les bouquetie?re, les seaux a? bouteille, les gobelets, les timbales, les saleron-poivrier, les huilier-vinaigrier, les moutardiers, les saupoudroirs, les sucriers, les confituriers, les drageoirs, les bouteilles, les aiguie?res, les pichets, les gourdes, les panie?res, les porte couteaux, les rince-doigts, les ramasse-miettes, les casse noix, les planchettes a? tartiner…

Retrouvez les sur Dowzr !!! En ventes aux enche?res, lors d’une exposition, au de?tour d’une brocante…

2 commentaires
  1. Antho de Rouvray dit

    Bonjour, pourriez-vous m’indiquer a quelles manufactures correspondent les armoiries n°21 et 22 de l’image que vous avez utilisé dans votre article, ou la source de l’image.
    Merci beaucoup

    1. Opale Mbuyu dit

      Bonjour, Antho de Rouvray,
      les 2 armoiries correspondent aux signatures de la Maison de Sarreguemines , manufacture française depuis 1790.
      Cependant, depuis 2007, la Faïencerie de Sarreguemines n’existe plus, les porcelaines disponibles sont celles fabriquées avant 2006.

      Bonne journée

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