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Histoire et tendances de l’art de la photographie au travers des âges

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Nous vous proposons, a? l’aide de notre site Dowzr, de partir a? la recherche ou de vous mettre en que?te de tout ce que le ge?nie humain a pu cre?er en matie?re de photographie.

Qu’il s’agisse de daguerre?otypes, de chambre noire, de dessin photoge?nique, de collodion, d’he?liographie, de calotype, de portraits… notre syste?me de recherche multilingue vous permettra non seulement de parfaire votre information mais aussi, vous aidera a? de?nicher l’objet de vos convoitises .

Production artistique ou a? vocation documentaire, visages ethniques, appareils photo, grands noms de la photographie… sont autant de domaines qui peuvent inte?resser collectionneurs ou professionnels. Retrouvez vous entre passionne?s et e?changez !
En outre, Dowzr est e?galement un outil de toute premie?re efficacite? facilitant, au gre? de votre fantaisie ou de vos envies, la recherche des diverses manifestations ayant trait a? la photographie comprise au sens large : ventes aux enche?res, expositions, salons, confe?rences, concours, e?coles… Toute manifestation, ou? qu’elle se tienne, est renseigne?e et accessible de fac?on que rien ne puisse e?tre ignore? des amateurs ou? qu’ils se trouvent dans le monde.

La photographie a longtemps e?te? conside?re? comme un moyen technique de reproduction et non pas comme un art. Il faudra attendre le XXe?me sie?cle pour que la dimension culturelle, esthe?tique et e?motionnelle des travaux photographiques soit aborde?e et leurs valeurs anthropologiques et ethnologiques reconnues.

On peut de?couper de manie?re chronologique l’histoire de la photographie.
De 1839 a? 1870, ce sont les anne?es de l’invention. Les expe?rimentations sont nombreuses, elles suivent l’industrialisation des proce?de?s. Les premie?res the?ories sont e?crites.
Des anne?es 1880 a? la fin des anne?es 1950, l’image instantane?e et les proce?de?s argentiques annoncent une maturite? technique. La photographie est officiellement un e?le?ment essentiel de la culture moderne et urbaine. Les premiers appareils portables multiplient les photographies et les styles.
De 1960 a? nos jours, c’est l’ave?nement de la photographie en tant qu’art et les questionnements sur le devenir du medium avec l’e?re du nume?rique.

Les avance?es re?alise?es au XVIIIe?me sie?cle en chimie, physique et optique ouvrent le chemin d’un long processus. Les premie?res recherches se basent sur la sensibilite? a? la lumie?re des sels d’argent (Schultze et Scheele en Allemagne, Jean Senebier a? Gene?ve, William Lewis en Angleterre). Thomas Wedgwood, en Angleterre au de?but du XIXe?me sie?cle, parvient a? fixer de fac?on e?phe?me?re des empreintes de ve?ge?taux ou d’objets dispose?s sur une feuille de papier sensibilise?. Les re?gles e?le?mentaires de formation de l’image photographique sont pose?es et connues. Les re?sultats des expe?riences sont diffuse?s dans toute l’Europe. On peu citer les essais de Thomas Young en 1803, Samuel Morse en 1822, John Draper et James B. Reade au de?but des anne?es 1830.

Nice?phore Nie?pce commence ses recherches avec la proble?matique de l’obtention d’images a? l’aide de la chambre noire. Il teste plusieurs substances sensibles a? la lumie?re et se de?cide au de?but des anne?es 1920 pour le bitume de Jude?e, aussi appele? asphalte. Il est constitue? de poudre de charbon et d’huile essentielle de lavande pour obtenir un vernis brillant uniforme. En 1824, ses premie?res images sur me?tal et pierre sont des vues prises depuis la fene?tre de sa proprie?te? a? Saint Loup de Varennes. Nie?pce nomme le proce?de? « he?liographie », « e?criture par le soleil ».

Il re?alise en 1825 la plaque he?liographique. Le temps de pose se compte alors en jours.

Joseph Nice?phore Nie?pce (1765-1833) Louis Daguerre (1787-1851)
Joseph Nice?phore Nie?pce (1765-1833) Louis Daguerre (1787-1851)Louis Daguerre (1787-1851)
Louis Daguerre (1787-1851)

 

Vers 1827, Daguerre commence ses travaux dans le secret. Il suit les me?mes recherches que Nie?pce. Il connai?t les avance?es de son confre?re. Seuls quelques proches et certains membres de l’Acade?mie des sciences ont pu voir ses images. Daguerre est un homme public. Les parisiens raffolent de?ja? de son utilisation de la chambre noire et de ses Dioramas (tableau donnant l’illusion de paysages et de mouvements gra?ce a? un jeu de lumie?re et de miroir sur une toile tendue d’environ 22 me?tres sur 14) depuis 1822. En 1823, le proce?de? est repris a? Londres a? la demande du peintre Constable.

En 1837, le proce?de? de Daguerre est au point : une plaque de cuivre recouverte d’argent sensibilise?e aux vapeurs d’iode, expose?e dans une chambre noire puis re?ve?le?e aux vapeurs de mercure. L’image rendue est fine et de?taille?e. En 1838, Daguerre contacte Louis-Franc?ois Arago afin de commercialiser les daguerre?otypes. Le 7 janvier 1839, Louis-Franc?ois Arago, astronome et physicien de renom, de?pute? re?publicain, pre?sente ce nouveau proce?de? de reproduction entie?rement me?canique des images forme?es dans la chambre obscure.

Daguerre?otypeDaguerre?otype

 

« Des e?crans ou? tout ce que l’image renfermait se trouvait reproduit dans les plus minutieux de?tails avec une finesse et une exactitude incomparables » Louis-Franc?ois Arago de?crit le rendu des daguerre?otypes.
William Henry Fox Talbot en Angleterre et Hercules Florence au Bre?sil arrivent eux aussi a? de beaux re?sultats a? la me?me e?poque. Talbot publiera plusieurs secrets de fabrication de son proce?de? de reproduction. Ainsi, de nombreux

apprentis se sont essaye?s a? la photographie. Mais peu d’images sont encore conserve?es. La difficulte? de l’art de la photographie et justement de fixer de manie?re durable le ou les sujets. Nous connaissons Maksymilian Strasz, Desmaret, Lassaigne, Ve?rignon, Carl August Steinheil, Franz von Kobell, Jacob Carl Enslen, Andrew Fyfe, Mungo Ponton….

Les ame?liorations apporte?es au rendu photoge?nique se font au quotidien.
En 1839 e?galement, il faut nommer John Herschel et Hippolyte Bayard. Leur proce?de? de photographie directe sur papier et d’une extre?me finesse. Herschel fixe de?finitivement les images gra?ce a? l’hyposulfite de soude. Bayard pre?sente le 5 fe?vrier 1839 a? Ce?sar Desprets ses premie?res images positives d’empreintes d’objets, de pla?tres et de sculptures. Le palais d’Orsay propose des se?ances de de?monstration de?s le mois de septembre 1839. Le temps de pose est alors d’une quinzaine de minutes. Certains opticiens, comme Chevalier et Lerebours a? Paris, proposent de?ja? des e?quipements complets mais tre?s cou?teux. Les images voyagent et franchissent les frontie?res. Les vues des capitales europe?ennes circulent. Horace Vernet et Fre?de?ric Goupil-Fesquet embarquent pour l’Egypte avec une chambre noire daguerrienne. Daguerre est attentif a? l’implantation de son invention aux Etats Unis. En octobre 1839, son daguerre?otype est en vitrine a? Broadway. Des plaques de daguerre?otypes franc?aises sont expose?es.

Portrait d’un inconnu obtenu par daguerre?otype vers 1850 Portrait d’un inconnu obtenu par daguerre?otype vers 1850

 

En 1840, Hippolyte Fizeau re?duit l’effet miroir des plaques de cuivre. Les recherches sont e?galement porte?es a? cette e?poque sur la re?duction du temps de pose afin de saisir des figures humaines en mouvement. Il de?pend encore essentiellement du niveau de pratique de l’ope?rateur. A partir de 1840-1841, le temps de pose est re?duit a? 10 secondes et les premiers ateliers commerciaux de photographie sont ouverts (Wolcott et Jonhson a? New York, Ricahrd Beard en Angleterre, les Fre?res Bisson a? Paris…). Ils se de?veloppent en province de?s 1842 : Marseille (Desmonts), Strasbourg (Finck), Lyon (Dolard)… Il existait e?galement de nombreux ateliers de daguerre?otypes itine?rants, selon les Foires et les spectacles des troupes de the?a?tre ou d’ope?ra.

Les sujets du daguerre?otype sont vastes : le portrait majoritairement, mais aussi les architectures et les paysages, la me?decine (photographie microscopique en 1839 a? Paris avec Alfred Donne? et ope?rations chirurgicales avec John Draper a? New York vers 1847), l’ethnographie, l’astronomie.
En 1841, William Henry Fox Talbot invente le calotype : proce?de? photographique permettant d’obtenir un ne?gatif papier direct ; la reproduction des images positives est alors possible par tirage contact. Les fondations de la photographie argentique moderne sont pose?es. Se?duits par le format le?ger et transportable du ne?gatif papier, les voyageurs adoptent rapidement cette technique. Des cercles et des e?changes se cre?ent entre photographes et peintres, dessinateurs, e?crivains, illustrateurs…

En 1847, la Calotype Society est cre?e?e, premie?re socie?te? de photographie au monde. Le terme ge?ne?rique de « photographie » sera employe? a? la fin des anne?es 1950.

Frederick Scott Archer se fait remarquer en 1851 lors de l’Exposition Universelle de Londres avec l’utilisation du collodion sur un ne?gatif en verre. La surface plane du verre assure un rendu sans grain. A partir de 1855, le tirage sur papier albumine? marque le de?but de l’he?ge?monie du proce?de? jusqu’aux anne?es 1870.
En 1851 e?galement, sir Charles Wheatstone pre?sente au Crystal Palace ses vues ste?re?oscopiques : prise de vue avec un appareil a? double objectif produisant deux images de dix centime?tres sur dix avec deux angles de vue le?ge?rement diffe?rents ; visionne?es avec un ste?re?oscope les images donnent l’illusion du relief et de la profondeur.

Des anne?es 1850 au milieu des anne?es 1860, les ateliers de portrait sont en forte croissance, surtout aux Etats Unis dans un premier temps, puis en Europe rapidement. La photographie atteint un stade semi-industriel. Ce sont des endroits luxueux, souvent finance?s par des capitaux exte?rieurs tant le commerce est lucratif. Les plus ce?le?bres outre- Atlantique sont Fredericks, Jeremiah Gurney, Southworth et Hawes, Charles et Henry Meade, Matthew Brady. En Europe, les personnalite?s parisiennes sont Mayer et Pierson, Nadar, Disde?ri, Petit… Et a? Londres il ya Mayall, Silvy, Elliott et Fry. A Munich, il faut nommer Locherer, Haenfstangel…

En 1854, on parle d’un nouveau format, le photographie dite carte de visite ou encore cartomania pour les anglais. Disde?ri breve?te le proce?de? cette anne?e la? : re?aliser quatre, six ou huit prises de vue sur une seule plaque ne?gative au collodion. Les photographies mesurent six centime?tres sur dix. Le mode?le commercial et e?conomique est exemplaire : les cou?ts de production sont diminue?s, le proce?de? est rapide, le prix des cliche?s se de?mocratise et le public est tous les jours plus nombreux. Le genre est pourtant peu appre?cie? en France par les professionnels, notamment Nadar ou Le Gray, mais pour re?pondre a? la demande de la cliente?le, les ateliers de photographie l’adoptent vers 1858. En Angleterre, la Reine Victoria et son e?poux appre?cie ce nouveau format et il est rapidement adopte? par l’ensemble des sujets du royaume. Les sujets sont des portraits anonymes, des photographies de famille, des tableaux vivants pose?s par des mode?les-acteurs, des ce?le?brite?s… C’est le de?but du commerce des portrais des ce?le?brite?s : les hommes d’e?glise, la bohe?me parisienne, le quotidien, l’aristocratie anglaise, le monde du spectacle…

Cartomania – Album de la Guerre Civile vers 1861-1865 par James Wadsworth Family Papers Cartomania – Album de la Guerre Civile vers 1861-1865 par James Wadsworth Family Papers

 

Photographe et homme d’affaire, Disde?ri breve?te en 1863 la carte mosai?que : un assemblage composite de portraits photographie?s de?coupe?s et colle?s puis rephotographie?s.
Dans les anne?es 1860, les ateliers photographiques s’installent loin des centres villes. Les mode?les sont accueillis dans un salon e?le?gant et richement de?core?. Pour patienter avant la pose, sont souvent mis a? disposition une bibliothe?que, un fumoir, une salle de billard, un jardin, une galerie de tableaux ou encore un catalogues des travaux photographiques re?alise?s par l’atelier… Les grands photographes sont des personnages publics. Et dans leurs ateliers ils ont de plus en plus d’assistants. Les re?serves sont e?galement pleines d’accessoires pour la mise en sce?ne des

mode?les : tapisseries, fonds peints, mobilier et faux meubles, de?cor ve?ge?tal et naturaliste… Les ateliers font donc travailler une multitude de corps de me?tier : les chimistes pour les ne?gatifs, les tireurs pour le de?veloppement, les ouvriers voire des enfants pour le coloriage, les de?corateurs et les peintres, les retoucheurs et les employe?s administratifs, parfois une imprimerie.

Mais la profession de photographe en ces anne?es 1860 est contraste?e. Les succe?s sont fulgurants mais les faillites nombreuses. Pour adoucir les difficulte?s du me?tier, des collectifs se cre?ent : en 1859 en France l’Union photographique, en 1862 la Chambre syndicale de la photographie et en 1872 la Socie?te? de secours mutuels des employe?s en photographie.

L’exposition universelle de 1855 impose la photographie comme pratique documentaire tant dans les domaines industriels, que judiciaires, scientifiques ou politiques. La pre?cision de l’image et l’objectivite? du proce?de? me?canique dotent la photographie d’un caracte?re de ve?rite?. Elle gagne la confiance face aux autres proce?de?s de reproduction que sont le dessin, l’estampe et le moulage. En 1851, Baldus, Bayard, Le Gray, Le Secq et Mestral sont appele?s par la Commission des monuments historiques pour re?aliser des releve?s photographiques du patrimoine national franc?ais. Sous le Second Empire, les commandes officielles se multiplient. Les services de l’arme?e et de la police se rendent vite compte du potentiel de te?moignage des documents photographiques. Portraits de de?tenus (les fre?res Brandt), avis de recherche, champs de bataille (Andrew Russell), tests balistiques, releve?s topographiques, leve?e de plans… Les industriels e?galement font appel aux photographes afin de garder une trace de leurs ba?timents et de leurs productions, a? des fins d’archives ou de publicite? (Manufacture de Se?vres de?s 1855).

Le Pont du Gard par Baldus Le Pont du Gard par Baldus

 

Les photographes nous ont laisse? de magnifiques reportages sur l’industrialisation, les re?alisations architecturales me?talliques, les travaux ferroviaires et le sacre du fer et de la vapeur (Aloi?s Locherer, Delamotte, Howlett et Cundall, Baldus, Charles Marville, Fierlants, Terris, Collard, Gardner, Russell…).
Les me?decins et les scientifiques vont eux aussi s’emparer de la photographie. En 1868, Hardy et Montme?ja, me?decins, inaugurent la Clinique photographique de l’ho?pital Saint Louis, qui deviendra La Revue photographique des ho?pitaux de Paris. Ces hommes de science et leurs confre?res re?alisent des ouvrages illustre?s sur les maladies de la peau, les muscles, les blessures de guerre, les e?tapes des interventions chirurgicales, les manifestations des alie?ne?s en pleine crise, les types ethniques…

La photographie doit maintenant trouver un enseignement. En Allemagne, Krone ouvre son e?cole a? Dresde. En 1870, il enseigne au Polytechnicum de Dresde. A Londres, la Royal Polytechnic Institution puis la London School of

photography proposent des cours depuis la fin des anne?es 1850. En France, il faudra attendre 1857 pour qu’un enseignement soit dispense? a? l’e?cole des Ponts et Chausse?es. Beaucoup de revues et de manuels voient alors le jour. Maismalgre? l’essor, les recherches continuent. L’art de la photographie n’est pas abouti. Il faut encore ajuster la sensibilite? des plaques, rendre les couleurs, diminuer les e?tapes techniques, alle?ger le mate?riel…

Vers 1865, l’appareil Dubroni est commercialise? : de petite taille, son laboratoire l’accompagne, il est nomme?
« photographie de poche » ou encore « photographie pratique ». Cette invention annonce la re?volution miniaturiste des appareils des anne?es 1880.
Pour la coloration des images, les premiers chercheurs travaillent sur le sujet de?s les anne?es 1840. Mais ce ne sera qu’en 1862 avec Louis Ducos du Hauron que les re?sultats seront les plus fiables. En 1868, il breve?te son proce?de? : une photographie couleur re?sultant de la superposition de trois images distinctes obtenues avec des filtres et des papiers de couleurs. Dans le me?me temps, Charles Cros propose un proce?de? proche de Ducos du Hauron : la the?orie additive : superposer trois ne?gatifs bleu, orange et vert. Ces techniques seront peu commercialise?es mais elles serviront de base aux fre?res Lumie?re pour la conception de l’ « autochrome », premier proce?de? couleur commercialise? au de?but du XXe?me sie?cle.
A partir de 1870, les travaux des photographes sont oriente?s en grande partie pour l’ame?lioration de la sensibilite? et la re?duction du temps de pose. En 1868, Eadweard Muybridge fixe le galop d’un cheval, re?ve?lant ainsi ce que l’œil ne voit pas a? cause de la vitesse du mouvement.

Eadweard Muybridge fixe le galop d’un cheval Eadweard Muybridge fixe le galop d’un cheval

 

A partir de 1871, Richard Leach Maddox et Van Monckhoven expe?rimentent le ge?latino-bromure d’argent, un proce?de? sec de suspension de bromure dans la ge?latine. A compter de 1879, l’instantane?ite? est atteinte, l’emploi est facile et le re?sultat rapide. Cette technique permet d’enregistrer toutes les valeurs du spectre chromatique gra?ce aux plaques panchromatiques. Des entreprises de fabrication de plaques ne?gatives re?pondent aux besoins des amateurs et des professionnels : George Eastman (inventeur du Kodak), les fre?res Lumie?re, Braun, Garcin, De?sire? Monckhoven… Et c’est la re?volution de l’appareil photo : l’objectif (Zeiss), l’obturateur a? multiples lames (Dallmeyer et Beauchamp), la fin du tre?pied. Les appareils sont classe?s en famille : le De?tective, le Facile en 1887 avec Frank Martin, l’Express De?tective de Nadar fils n 1888 et le Kodak en 1889 par Eastman.

Le photographe du XIXe?me sie?cle est un chercheur, un technicien. Mais parmi eux, certains se revendiquent d’une expression artistique, comme Gustave Le Gray : « Pour moi j’e?mets le vœu que la photographie, au lieu de tomber dans le domaine de l’industrie et du commerce, rentre dans celui de l’art ».
Pour certains artistes peintres de l’e?poque (Ingres, H. Flandrin, Puvis de Chavanne, Constant Troyon), la photographie est une technique me?canique de reproduction appre?cie?e pour sa grande pre?cision et son rendu de?taille?. Le passage de la plaque au papier fera e?voluer ce jugement. L’Acade?mie des Beaux Arts reconnait aux proce?de?s de Talbot et Bayard un caracte?re proche du dessin. En France en 1862, un jugement du tribunal de la Seine e?tablit que « les dessins photographiques ne doivent pas e?tre ne?cessairement et dans tous les cas conside?re?s comme

de?nue?s de tout caracte?re artistique, ni range?s au nombre des œuvres purement mate?rielles ». En Angleterre, les photographes be?ne?ficient du soutien de la couronne. Le courant High Art Photography met en sce?ne ses mode?les et fixent des tableaux vivants, s’inspirant des e?crits de Shakespeare, Walter Scott ou Tennyson. En 1869, Robinson re?dige un ouvrage pre?sentant une the?orie et des re?gles pour la photographie d’art, Pictorial effect in photography, afin de parvenir a? un effet pictural : la composition, l’harmonie et l’e?quilibre. Les artistes photographes de cette e?poque sont Clementina Hawarden, Lewis Caroll, Julia Margaret Cameron.

L’esthe?tique pictorialiste est le premier courant photographique international a? vocation artistique. Symbolisme, re?pertoire japonisant et Art De?co sont les re?fe?rences des pictoralistes. Ces derniers empruntent le vocabulaire artistique de la peinture et des arts graphiques avec le souhait de figer le temps, d’immortaliser l’instant. Ces artistes photographes proposent un monde statique et immobile comme dans un univers suspendu. Les sujets sont souvent passe?istes : sce?nes historiques et mythologiques, sujets religieux, paysages exaltant la beaute? de la nature loin des architectures. A l’heure de l’instantane?, cette production du pictorialisme est souvent triste et me?lancolique bien que poe?tique. A partir de 1900, le courant sera trop acade?mique pour perdurer.

Ce?line Laguarde – Stella – vers 1904Ce?line Laguarde – Stella – vers 1904

 

Avec la photographie sur papier, ce sont aussi les imprimeries photographiques qui sont inaugure?es. Talbot ouvre la premie?re en 1843 dans le sud de Londres a? Reading. Mais les cou?ts de production sont encore trop importants pour que l’entreprise soit lucrative. Au de?but des anne?es 1850, les avance?es de Blanquart-Evrard permettent un nouvel essor aux imprimeries photographiques. Il est suivi par Fonteny, Lemercier, Gide, Baudry, Didot.

Un nouvel obstacle : il est encore impossible d’imprimer directement les photographies dans les journaux. Les photographies sont retranscrites par des dessinateurs puis traite?es en lithographie.

De la fin du XIXe?mesice?le a? 1930, la photographie investit la presse avec les photoreportages et un nouveau personnage, le photoreporter. Avec la similigravure, la photographie est inte?gre?e a? la chaine de la reproduction directe et me?canise?e des journaux. En 1880, le New York Daily Graphic, Illustrated London News, Le Monde illustre? en 1886 avec l’interview de Chevreul par Nadar, Paris illustre? en 1889, L’Illustration et Le National Geographic de?s 1907. On peut de?sormais parler de la photographie de presse : le photographe est mobile, ses travaux sont remis rapidement. La photographie devient un instrument d’investigation. Arnolf Genthe, Jacob Riis et Lewis Hine font du photojournalisme social. Les conflits arme?s du XXe?me sie?cle sont largement couverts par les photojournalistes et participent a? l’essor du genre. Les photographies produites sont des te?moignages de la situation et sont porteuses de messages, parfois comme des armes pour rendre compte de la souffrance civile, des conditions des soldats…

La fin du XXe?me sie?cle est la pe?riode de reconnaissance de la photographie : sa dimension artistique, culturelle et marchande. C’est aussi l’ave?nement du nume?rique et une nouvelle diffusion des images, a? la vitesse grand V.
Sur les murs des galeries, sur les pages des livres et des magazines, sur les e?crans des installations du Digital art, les artistes contemporains utilisent la photographie comme vecteurs d’e?motions et de messages.

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