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Histoire du théâtre au travers des siècles, les grands auteurs et les grandes oeuvres théâtrales

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Voltaire disait « Le théâtre instruit mieux que ne fait un gros livre ».

Art vivant accessible à tous, le genre théâtral mêle distraction et instruction avec excellence.

Qu’il s’agisse de dithyrambe, de drame satyrique, de comédie, de dramaturgie, de tragédie, de poèmes courtois, d’épopées, d’opéra-comique, de commedia dell’arte, de jeux scéniques, de jeux d’acteurs, d’accessoires, de décors, d’auteurs classiques, du théâtre de Foire, de vaudeville, de romantisme… notre système de recherche multilingue vous permettra non seulement de parfaire votre information mais aussi, de trouver la réponse précise à votre requête.

Mise en scène, lecture, casting, maquillage, coiffure, costume, décor, lumières, son, production, écriture, lieux de spectacles, théâtres, salles, cours, écoles… Tout cela fait le monde du théâtre.

Autant de domaines où se croisent amateurs, professionnels et public.

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Pour les auteurs, le théâtre est le lieu idéal pour exposer et défendre ses idées. La littérature est le vecteur, le comédien est l’expression, le décor plante l’ambiance. Et cela se justifie depuis l’antiquité où le terme « théâtre » trouve ses origines : « theatron » qui désigne le « lieu des spectateurs ». Le spectateur, celui à qui on donne représentation, est à la genèse de l’art dramatique.

Le jeu et le travestissement sont savamment réfléchis par le metteur en scène car ils informent sur le rôle social des personnages, leurs idées sociales ou politiques, leur message… afin que le spectateur s’identifie et développe des sentiments.

 

Les théâtres grecs posent les règles de l’architecture scénique. Ils sont construits à flan de colline pour y creuser les gradins des spectateurs en face de la scène.

Le fond de scène est architecturé en façade.

Les dithyrambes constituent la forme la plus ancienne connue du théâtre grec. Les cérémonies primitives sont les premiers exemples de ces mises en scène. Elles visaient à vaincre des peurs, à repousser les dangers… dans le but de souder la communauté. Aux origines, les dithyrambes consistent en des mouvements circulaires dansés par un groupe. Puis le coryphée, le premier acteur, prend la parole et choisit une personne dans le groupe pour engager le dialogue. Le public des cités est rapidement séduit par le genre des tragédies. Les récits mythologiques sont la base du récit tragique. Le drame satyrique met en scène uniquement des Satyres. Ces derniers sont souvent burlesques et moqueurs. Le public les apprécie car elle propose une autre lecture de la mythologie.

Il faut évoquer le phénomène « catharsis ». Le spectateur est face à son libre arbitre : comment va-t-il réagir aux questions sociales ou politiques, aux sentiments souvent tabous, aux idées philosophiques. Pour Aristote (-384/-322), dans « Poétique », la catharsis purifie les passions, elle remet en question. Les antiques saluent ce bienfait de la tragédie.

La comédie ferait son apparition vers -600. Les débordements en l’honneur de Dyonisos auraient entrainé la création du genre. Le Dieu était honoré lors de cortèges phalliques (promenades joyeuses dans les champs avec dialogues et chants) et de cômos (tapage nocturne et humoristique en groupe).

 

Dyonosis rendant visite a? un poe?te romain – Muse?e du Louvre Paris

Dyonosis rendant visite à un poète romain – Musée du Louvre Paris

 

Il faut aussi nommer la farce, genre né en Italie. En -450, les premiers concours de comédies sont organisés. Les premiers auteurs sont Chionides, Magnes, Cratinos… Les comédies traitent également les sujets de société. Le théâtre a alors une haute valeur démocratique.

Le jeu scénique est encore rudimentaire, mais les costumes et les accessoires illuminent le spectacle. Tous les acteurs et les chœurs portent un masque à l’exception du dithyrambe. Au masque s’ajoutait une perruque, parfois une barbe ; il était peint en fonction du personnage et de son rôle. Pour les premiers costumes, on conserve l’austérité afin de ne pas détourner l’attention du spectateur. Le message littéraire du texte prime encore. Puis les couleurs et leur symbolique vont s’inviter sur les manteaux et les robes.

Les moyens techniques sont mis à l’honneur : chariots, grues, trappes, estrades, toiles peintes, escaliers… Le génie de la machinerie venait compléter le spectacle.

Les auteurs incontournables de cette période sont Eschyle (-525/-456), Sophocle (-495/-405), et Euripide (-480/-406)

 

EschyleEschyle
SophocleSophocle
EuripideEuripide

 

Le théâtre romain se définit par son amour de la théâtralité. L’effet scénique est privilégié au détriment du sens et du contenu. Il reste peu d’exemples de textes tragiques de cette période. Le genre est déprécié par l’Empire romain. De son côté, la comédie répond aux attentes d’amusement de la population.

L’époque romaine voit les premières maisons de production de spectacles. En effet, les représentations sont gérées par un organisateur qui engage la troupe et gère les dépenses.

Au début du IIème siècle, le peuple est avide de jeux spectaculaires. Les théâtres se transforment en arène.

Parmi les auteurs importants, il faut citer Sénèque (vers -4/65), Plaute (-250/-184), Térence (-185/-160).

 

Le Moyen-Age débute avec la chute de l’Empire romain et la constitution de la Gaule. Un climat de guerre où tragédies et comédies ne trouvent pas leur place. Le genre courtois naît sous les Mérovingiens. La littérature médiévale produit ses premiers poèmes. Ces récits seront souvent mis en scène et en musique.

Les drames liturgiques datent du Moyen Age. Ils sont issus des passages chantés lors des cérémonies du culte chrétien ou des fêtes religieuses (comme les processions ou les illustrations de la Bible). Ils mettent en scène des personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que les saints.

Le théâtre permet d’instruire le peuple analphabète aux textes.  Le comédien est alors appelé « jongleur », dans le sens de « se jouer de ». Par le biais de la lecture, de la mise en scène, du divertissement, du mime… il éduque le peuple ou l’informe.

Avec les Miracles, le genre profane entre dans le théâtre. Les sujets mythologiques et liturgiques sont écartés et l’homme est au centre de l’écriture. Nous sommes à la fin du XIIème siècle. Les Saints réalisent des actes miraculeux en réponse aux besoins des hommes. L’auteur amène encore une fois le spectateur à réagir sur sa propre attitude face à l’autre et à la société.

Les Mystères ont eux pour objectif de narrer la Passion du Christ et pour vocation de répandre le message du Christ.

La comédie évolue avec les « boniments » et les baladins ambulants. Les carnavals donnent lieu à de nombreuses improvisations ; le port du masque révélant des caractères cachés qui n’hésitent plus à s’exprimer.

Au XIIIème siècle, les sotties (ou sottises) mettent à l’honneur le « sot », celui dont on se méfie. Les sotties de tribunal jugent et critiquent les comportements sous un ton burlesque alors que les sotties de déconstruction prônent une rupture avec le passé pour valoriser les actions des hommes.

Les farces sont généralement des textes courts et humoristiques. Les gens du peuple sont les personnages principaux au cœur d’intrigues comiques du quotidien. Le public est pris à partie. Une des plus célèbres est « La farce de Maître Pathelin »

 

La farce de Mai?tre Pathelin La farce de Maître Pathelin

 

Les représentations de théâtre s’organisent sur la place principale, au cœur des bourgs ou des bourgades. Si ce lieu n’existe pas, les pièces sont jouées dans un champ à la bordure des faubourgs. L’aire de jeu doit donc être mobile. Les mansions sont des modules de décor placés côte à côte et agencés selon la mise en scène.  Le jeu des acteurs est très articulé et expressif afin d’être compris par le plus grand nombre. La proximité avec le public favorise cette compréhension. Le metteur en scène a maintenant des assistants pour coordonner les scènes et les déplacements entre les diverses mansions. Des effets visuels y sont dissimulés par  les Maîtres des secrets. Ils apportent l’illusion et la magie, la peur ou le rire. Leurs prouesses sont attendues par le public. Chaque comédien est responsable et propriétaire de son costume. Le maquillage a toujours beaucoup d’importance pour renforcer le caractère du personnage et ses expressions.

Les auteurs de cette époque sont Jean Bodel (Arras ? – vers 1210), Rutebeuf (vers 1230 – vers 1285), Adam de la Halle (vers 1240 – vers 1288).

 

A la Renaissance, l’homme veut retrouver une dignité de pensée. Il veut exercer sa liberté. On parle alors d’Humanisme : un enseignement non théologique basé sur l’étude des civilisations antiques. Les rapports entre l’homme et l’univers sont au centre des recherches et des débats.

Mais en ces temps troublés par les guerres de religion, les auteurs protestants ou sympathisants ne se dévoilent pas. Passions et Mystères sont toujours joués, ainsi que farces et moralités.

Cependant, les dramaturges sont plus rares que les écrivains et le théâtre ne connait pas de genres nouveaux à l’aube de la Renaissance.

Il faudra attendre 1548 à Lyon : la représentation de « La Calandria », pièce italienne de Bibbiena. Le décor à l’italienne avec ses perspectives et sa symétrie est introduit en France. Il entraîne l’illusion et de ce fait un changement important pour le déplacement des acteurs et la mise en scène.  En 1553 à l’Hôtel de Reims, on nomme la première tragédie française officiellement : « Cléopâtre captive » d’Etienne Jodelle. Les lieux clos destinés aux représentations théâtrales n’existent toujours pas, excepté à Lyon et à Meaux. Les toiles peintes en perspective qui forment le décor sont installées dans les cours des collèges ou les aires de jeux comme le jeu de paume. A Paris, l’Hôtel de Bourgogne est le premier théâtre officiel et à demeure. Le lieu est acheté en 1548 par les Confrères de la Passion. Ces derniers mettront en place un système de location et de règlement pour accueillir d’autres troupes et amortir financièrement le lieu.

 

Ho?tel de Bourgogne a? Paris Hôtel de Bourgogne à Paris

 

Dès le milieu du XVIème siècle, les troupes italiennes de Commedia dell’arte envahissent la cour du Roi à sa demande. La sottie disparait peu à peu. La farce évolue vers la comédie. Les pièces italiennes sont traduites et adaptées par les auteurs français. Les premières troupes de comédiens français tentent de se constituer mais les difficultés financières et logistiques sont récurrentes (la troupe de Valleran Le Conte vers 1600). Jusqu’au XVIème siècle, les comédiens sont des amateurs. Désormais, ils sont des professionnels et la société se méfie de ces personnes « caméléon » capables d’être plusieurs personnes en jouant.

Les auteurs importants : Théodore de Bèze, Etienne Jodelle, Jacques Grévin, Nicolas Filleul, Jean de la Taille, Robert Garnier, Antoine de Montchrestien, Alexandre Hardy, Odet de Turnèbe, Pierre de Larivey…

 

Pour le théâtre français, le XVIIème siècle est défini par le classicisme.

Au début du siècle, les auteurs rejoignent les principes d’Aristote avec l’unité d’action, l’unité de durée et l’unité de lieu. Le théâtre français s’organise et se structure sous Louis XIII et la surveillance de Richelieu. Selon le cardinal, le théâtre sert à véhiculer une image prestigieuse du royaume. C’est la redécouverte des auteurs antiques. En 1635 est inauguré l’Académie française : gardienne de la langue française.

Les ouvrages du XVIIème siècle formeront le classicisme et les chefs d’œuvre du théâtre français.

Parmi les auteurs de prestige, Pierre Corneille (1606-1684). Il connait le succès avec sa tragi-comédie « Le Cid ». On utilise même le terme de « tragédie cornélienne » pour définir ce genre nouveau : les personnages se surpassent pour vivre leur destin et emportent ainsi avec eux les spectateurs exaltés par cette quête.

L’art dramatique côtoie un public populaire et nombreux grâce aux troupes ambulantes.

En 1638, Louis XIII meurt et Anne d’Autriche entame la Régence. Mazarin succède à Richelieu. Le contexte politico-financier impose des restrictions budgétaires : les aides au théâtre sont supprimées.

1660 : Louis XIV accède au trône. 1661 : mort de Mazarin, Louis XIV a le pouvoir absolu. Ce sera le roi des Arts et des Lettres. C’est l’époque des salons où l’on discute des nouvelles pièces de théâtre.

On parle alors beaucoup de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière. Avec la famille Béjart il fonde l’Illustre Théâtre en 1643. En 1664, il joue avec sa troupe « Le mariage forcé » devant le roi Louis XIV. Le succès est total. « La troupe de Monsieur » devient « La troupe du roi » l’année suivante. Molière crée le style de ses comédies qui deviendront un genre à part entière.

 

Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), dit Molie?re  Jean-Baptiste Poquelin (1622-1673), dit Molière

 

Aux textes drôles de Molière s’opposent les tragédies rigides et austères de Racine. Ses personnages sont dignes bien que terrassés par leur destinée.

Le Roi va créer des institutions pour gérer la politique culturelle et l’attribution des  financements.

La Comédie-Française est créée en 1680, réunissant l’Hôtel de Bourgogne et le Théâtre Guénégaud.

Auteurs du XVIIème siècle : Jean de Schelandre (1584-1635), Théophile de Viau (1590-1626), Honorat de Bueil de Racan (1589-1670), Jean Mairet (1604-1686), Jean de Rotrou (1609-1650), Georges de Scudéry (1601-1667), Tristan L’Hermitte (1601-1667), Paul Scarron (1610-1660), Pierre du Reyer (1605-1658), Claude de l’Estoile (1602-1652), Thomas Corneille (1625-1709), Philippe Quinault (1635-1688), Edmée Boursault (1638-1701)…

 

Le XVIIIème, siècle des Lumières, voit l’apogée du théâtre. Les lieux de représentation sont de plus en plus en nombreux, les auteurs et les récits sont innombrables. Mais la quantité n’est pas toujours de qualité.

Louis XIV donne aux responsables ecclésiastiques le contrôle des textes dédiés au théâtre et se désintéresse peu à peu de cet art. Les auteurs de la cour sont étroitement surveillés, dans les grandes villes également. Mais sur les chemins, aux abords des bourgs et villages, au cœur des Foires et des marchés, les saltimbanques, les poètes et les conteurs  jouent librement. Le théâtre forain annonce les vaudevilles du siècle suivant.

Le théâtre de société, ou théâtre de salon, prend place dans les demeures privées sur invitation des personnalités (châteaux, hôtels particuliers, maisons bourgeoises). Les organisateurs de ces rencontres présentent à un public choisi les textes censurés.  La Comédie Française veut les lauriers du genre comique. Mais le théâtre de Foire lui fait beaucoup d’ombre. En 1719, le pouvoir royal interdit le jeu théâtral dans l’ensemble des Foires et des marchés. Cette volonté fait suite au renvoi des compagnies italiennes en 1697. Mais quelques années plus tard, sous la demande du public et l’impossibilité de surveiller un théâtre itinérant, le théâtre de Foire renouera avec le succès.

Vers 1714, l’Académie de musique autorise une troupe de théâtre à chanter au cours de son spectacle. C’est la naissance de l’Opéra-Comique : alternance de chants et de dialogues comiques.

Au milieu du XVIIIème siècle, Paris est en travaux. Les théâtres, les lieux de jeux et de plaisir investissent les Grands boulevards. Le théâtre trouve son public dans toutes les couches de la société car les genres sont nombreux et les auteurs éclectiques. On trouve également des philosophes qui viennent placer le débat social et politique dans les théâtres, tel Voltaire et Diderot. Le premier privilégie la tragédie, le second préfère le drame bourgeois.

Les comédies de Molière sont toujours largement jouées au début du XVIIIème siècle. Les héritiers de Monsieur Poquelin vont travailler les typologies sociales, développer le ton ironique, se rapprocher parfois de la farce… Mélanger tous les genres comiques avec talent pour toucher le public populaire et faire rire les notables et les personnalités : comédies de mœurs, comédies de caractères, parades, proverbes, marivaudage… choisissent pour inspiration les faits de la vie quotidienne.

Louis XVI accède au trône en 1774. La reine Marie-Antoinette aime le divertissement théâtral. Elle s’entourera de quelques auteurs. Le théâtre est débarrassé du contrôle de la censure ecclésiastique. Ainsi les scènes de carnaval grotesques et les comédies burlesques politiques ne sont plus censurées.

A partir de 1790, des fêtes sont instaurées et leur organisation est laissée aux dramaturges et aux artistes. Le pouvoir révolutionnaire veut enseigner au public les valeurs de la citoyenneté et de la nation française.

Le théâtre se professionnalisme et les techniques de jeu s’établissent (déclamation, expression, gestuelle, mise en scène…). Des écoles voient le jour. Le Conservatoire dédié à l’art dramatique est ouvert en 1795.

 

Conservatoire national d’art dramatiqueConservatoire national d’art dramatique

 

Les auteurs du XVIIIème siècle : Charles Dufresny (1657-1724), Alain-René Lesage (1668-1747), Prosper Jolyot de Crébillon (1674-1762), François-Joseph Lagrange-Chancel (1677-1758), Pierre-Claude Nivelle de la Chaussée (1692-1754), Jean-François Marmontel (1723-1799), Pierre-Laurent de Belloy (1721-1775), Antoine Houdar de la Motte (1672-1731)Jean-François Ducis (1733-1816), Pierre Caron de Beaumarchais (1732-1799), Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux (1688-1763), Louis-Sébastien Mercier (1740-1814), Jean-Philippe d’Orneval ( ?-1766), Joseph Vadé (1720-1757), Alexis Piron (1689-1773), Charles-Simon Favart (1710-1792)…

 

Au XIXème siècle, l’activité théâtrale s’intensifie et les créations sont gérées comme des entreprises commerciales. En 1812, le Décret de Moscou donne un cadre aux institutions. La Comédie Française est régie par un Comité de Sociétaires. Mais le répertoire de l’établissement ne répond plus aux désirs du public qui peu à peu lui préfère les théâtres de boulevard et les lieux privés.

Au début du XIXème siècle, dans un climat de tensions sociales sous le Premier Empire, le classicisme retrouve un peu ses lettres de noblesse (Pierre-Antoine Lebrun, Alexandre Soumet…). Le mélodrame se durcit avec des scènes souvent violentes (Loisel de Tréogate, Guilbert de Pixerécourt, Louis Charles Caigniez, Jean-Baptiste Hapdé, Victor Henri Ducange…).

Le XIXème siècle en Europe, c’est le siècle du Romantisme : les artistes et les penseurs s’opposent à la tradition classique et au rationalisme des Lumières ; ils libèrent l’imagination, l’expression des états d’âme est de nouveau possible (la mélancolie, la nostalgie, le désir de fuite, le voyage, le rêve…), les thèmes de la nature et de l’amour ne sont plus bannis. Shakespeare introduit le combat sur scène, alors que Victor Hugo (la Préface de Cromwell) et Alfred de Vigny (la Lettre à Lord***) tentent de rédiger un cadre pour le drame romantique. Le baron Taylor jouera un rôle important dans le développement des drames romantiques. Il aide les auteurs à monter leurs pièces et recrutent de nouveaux talents. En réaction au pouvoir public qui censure encore de nombreux spectacles, Victor Hugo rédige rapidement « Hernani ». Il sera soutenu dans son projet par le baron Taylor.

Sous le Second Empire (1852-1870), la situation politique est plus stable. La classe bourgeoise envahit de nouveau les salles de théâtre : pour se distraire, pour parader, pour conclure des affaires et pour montrer le quotidien avec dérision. Parodie, comédie et vaudeville sauront les satisfaire. L’opérette sera la version musicale de ce nouveau genre (voir Offenbach).

Sous la IIIème République (1870-1900), la tragédie et les épopées s’expriment avec le théâtre en vers et la composition en alexandrin. Le théâtre de mœurs devient le théâtre d’idées avec plus de liberté dans le choix des thèmes.

La fin du XIXème siècle inaugure officiellement la profession de « metteur en scène ». Son premier représentant est André Antoine (1858-1943). Il instaurera le Théâtre-Libre et les premiers abonnements aux saisons théâtrales.

Avant de clôturer le XIXème siècle, il faut évoquer le théâtre symboliste et Paul Fort (1872-1960) et Lugné-Poe (1869-1940). Ils mettent en scène essentiellement des poèmes et des psalmodies, dans un décor anecdotique souvent onirique. Le but est d’ouvrir la voie poétique au public. Le succès sera mitigé et de courte durée.

Les auteurs : Alexandre Dumas (1802-1870), Gérard de Nerval (1808-1855), Alfred de Musset (1810-1857), Auguste Anicet-Bourgeois (1806-1870), Eugène Labiche (1815-1888), Emile Augier (1820-1889), Eugène Scribe (1791-1861), Victorien sardou (1831-1908), Georges Feydeau (1862-1921), Alexandre Dumas fils (1824-1895), Edmond Rostand (1868-1918), Henri Becque (1837-1889)…

 

Le théâtre du XXème est marqué par le « théâtre pour le peuple ». L’instruction primaire est rendue obligatoire depuis 1882. Des universités populaires sont organisées et elles comptent souvent une troupe de théâtre. Il faut citer dans ce mouvement populaire : le Théâtre du Peuple fondé par Maurice Pottecher (1867-1960), le Théâtre civique fondé par Louis Lumet (1872-1923), le Théatre de la Coopération des Idées installée au Faubourg Saint Antoine, le Théâtre populaire de Belleville, le Théâtre National Populaire avec Firmin Gémier et des acteurs amateurs mis en scène dans les théâtres de quartier…

 

The?a?tre populaire de Belleville, rue LesageThéâtre populaire de Belleville, rue Lesage

 

Jacques Copeau (1879-1949) commence par être critique de théâtre avant de se lancer dans a mise en scène. Il fait partie des écrivains qui créeront la Nouvelle Revue Française (NRF). Il met en scène en 1911 « Les frères Karamazov » de Dostoïevski. En 1913, il publie un texte manifeste : « Essai de rénovation dramatique : le Théâtre du Vieux Colombier ». Il auditionne des acteurs, parmi eux Louis Jouvet. Il monte la pièce « Une femme tuée avec douceur » de Thomas Haywood. Le décor est sobre et le jeu des acteurs simple et rigoureux. Le public est conquis. Copeau rejoint New York en 1916. Il rencontre Otto Khan qui lui propose de diriger le Théâtre Français de New York.

Pendant la Belle Epoque, le genre comique est le plus apprécié. Les vaudevilles, les intrigues amoureuses légères, les satires de la société, les comédies de boulevard… comblent le spectateur. Parmi les auteurs célèbres : Georges Courteline (1858-1929), Tristan Bernard (1866-1947), Robert de Flers (1872-1927), Sacha Guitry (1885-1957), Henri Bernstein (1876-1953)…

Entre les deux guerres, quatre artistes formant le Cartel : Charles Dullin (1885-1949), Louis Jouvet (1887-1951), Gaston Baty (1885-1952) et Georges Pitoëff (1887-1939). Ensemble ils veulent fidéliser le public et lui proposer des thèmes de l’époque. Chacun dirige un théâtre et une programmation différente en vue de générer un dynamisme et un échange entre les salles.

D’autres auteurs de cette période : Jules Romains (1885-1972), Jean Giraudoux (1882-1944), Armand Salacrou (1899-1989), Jean Anouilh (1910-1987), Jean Cocteau (1889-1963), Marcel Achard (1889-1974), Alfred Jarry (1873-1907), Louis Aragon (1897-1982), Roger Vitrac (1889-1952), Antonin Artaud (1896-1948)…

Au niveau de l’Etat et des subventions, le ministre Jean Zay (1904-1944) sous Léon Blum va ouvrir les aides à l’ensemble de la création théâtrale et développer les productions en province. Les compagnies se forment et certaines ont marqué l’histoire du théâtre : la Compagnie des Quinze, la Compagnie des Comédiens-Routiers, la Compagnie du Rideau Gris, la Compagnie de la Roulotte, la Compagnie des Quatre Saisons.

Jean-Paul Sartre (1905-1980), Albert Camus (1913-1960), Henry de Montherlant (1825-1972)… créent le théâtre « métaphysique » pendant la période de l’Occupation. Leurs textes traitent des préoccupations de la société française : les situations sont simples mais obligent les personnages à choisir en leur âme et conscience. De même le spectateur doit prendre position et agir dans sa vie.

Après la seconde guerre mondiale, l’Etat s’investit et crée les Centres dramatiques. Le fonctionnement est délégué aux municipalités et donc les réussites sont mitigées.

En 1947, Jean Vilar (1912-1971) inaugure la « Semaine de l’Art » en Avignon. En 1949, la manifestation devient le Festival d’Avignon. Le théâtre s’invite dans les écoles, les bars, les restaurants, les places et les terrasses. Les années 1950 connaissent l’émancipation des petits théâtres. Chaque compagnie évolue selon ses idées. Il n’y plus de préceptes communs. Les scènes de théâtre se transforment en laboratoires d’expression. Les initiateurs seront Eugène Ionesco (1909-1994), Arthur Adamov (1908-1970), Samuel Beckett (1906-1989), Henri Pichette (1924-2000), Jean Tardieu (1903-1995), René de Obaldia (né en 1918), Jean Genet (1910-1986)…

En juillet 1959, André Malraux est nommé Ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles. Dans sa mission théâtrale, il multipliera les Maisons de la Culture afin de favoriser la jeune création et renforcera les aides aux théâtres subventionnés avec l’espoir de conserver une qualité de production.

Les mouvements de Mai 68 ne modifieront pas la vie des comédiens et des théâtres. La Cartoucherie de Vincennes dans les années 1970 accueille des collectifs de compagnies. Chacune gère ses spectacles mais participe à la vie et à l’entretien du lieu. Se côtoieront le Théâtre du Soleil, de la Tempête, de l’Epée de Bois, du Chaudron et de l’Aquarium.

 

Macbeth – The?a?tre du Soleil – 2014Macbeth – Théâtre du Soleil – 2014

 

Sous François Mitterrand, la culture pour tous est un objectif prioritaire. Jack Lang, ministre de la Culture, sera le chef d’orchestre de ces nouvelles directives. Il encourage la création et l’invention mais ne se préoccupe pas des formations des professionnels du théâtre.

Le début du XXIème siècle n’a pas vécu de nouveautés notables.

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